06 décembre 2008
Les pansements de l'apprenti-sorcier
Faut-il avoir fait l'ENA ou Science Po pour comprendre que les mesures prises par Nicolas Sarkozy pour endiguer les effets de la crise économique, non seulement ne serviront pas à grand chose, mais surtout ne résoudront pas les problèmes de fond ?
Ce sont des réflexions de la sagesse populaire, entendue ce matin au Café du commerce qui m'ont fait réaliser cela. Un jeune papy, après avoir tapé sur le zinc son ballon de rouge, éructa tout haut : Mais même si on me refile mille euros, pour moi, les bagnoles, c'est trop cher ! Je ne quittais pas des yeux la page locale de mon canard. Un autre, en tenue de chantier, persifla : Franchement, ils croient peut-être que je vais m'éxiler dans les steppes de l'Est pour construire un TGV pour les Alsacos ?! Je ne bronchais toujours pas car ça devenait intéressant. Un étudiant osa la ramener : De toute façon, quand tout le monde aura changé sa voiture et qu'on pourra aller à Strasbourg en TGV, que faudra-t-il trouver de nouveau pour soutenir l'économie ? Applaudissements de la foule en liesse. Suivent des petits mots à l'endroit du pouvoir politique qu'il ne convient pas de rapporter ici, des yeux chastes pouvant traîner ici ou là.
Je rentrais chez moi le pas guilleret, me disant que finalement je vivais dans un pays où l'élite politique était aussi peu intelligente que n'est mobile (intellectuellement et géographiquement) la France d'en bas. Je tiens à préciser que j'appartiens à cette France du Terroir, et que par conséquent je n'ai pas honte d'être aussi peu mobile, sauf évidemment quand ça m'arrange... Je me remémorais aussi la phrase du Général de Gaulle qui se demandait comment on pouvait gouverner un pays qui possède autant de fromages que de départements. Je me disais aussi qu'on avait trouvé une solution au Général, avec les contraintes sanitaires sur la production de fromages, le prix éhonté du lait et la remise en cause d'un échellon administratif. Tout cela avait un sens.
Quant on se pose à ce point des questions aussi existentielles, il faut impérativement s'en référer à Jacques Attali. Le conseiller des Princes est le seul à pouvoir nous tirer de ce guêpier. Après avoir conseillé moult solutions libérales et ultra-libérales dans son opuscule grassement payé par nos impôts, le voilà-t-il pas qu'il adopte soudainement une position keynésienne et hérétique tout à la fois mélangée. Je vais préciser mon propos, car il y en dèjà trois qui ont décrochés au fond de la classe. Je me suis fait cette remarque en lisant un communiqué de l'AFP dans lequel notre vaillant conseiller rappelle que s'il est bon de soutenir les secteurs clés de l'automobile et du logement, il est très important aujourd'hui de soutenir les salaires et d'orienter les investissements vers les entreprises innovantes.
Je pose cette question au lecteur : pourquoi Jacques Attali n'a-t-il pas défendu cette position dès le départ au lieu de conseiller une ribambelle de propositions qui ont comme effet de déliter notre économie et notre société ? Hein, j'vou'le demande ben moi ?!
Trêve de plaisanterie, la prochaine fois je vous expliquerai comment il faut faire pour sortir de la crise...^^
18:34 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : jacques attali, economie, crise |



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