08 août 2009
Muhammad Yunus pourrait-il influencer la doctrine du Modem ?
J'ai décrit Muhammad Yunus dans un article sur son livre Vers un Nouveau capitalisme. Nous sommes plusieurs adhérents et sympatisants du Modem a souhaiter que le social business prenne une place plus importante dans la démarche intellectuelle et dans la pratique politique de notre mouvement politique.
Il faut imaginer des rouages différents pour certaines courroies de l'économie. Je pense en particulier aux centrales d'achat qui pourraient (ou devraient) toutes fonctionner sur un modèle social : coopérative, social business, GIE, etc. Ces centrales avaient à l'origine pour mission d'acheter en gros pour faire baisser le prix. Jusque là rien d'anormal si le fournisseur y trouve sont compte. Le problème est qu'aujourd'hui, les centrales d'achat cherchent aussi à revendre au plus cher à ses affiliés. On voit ici la patte des financiers. Il faut impérativement endiguer cette dérive. Pourquoi ne pas imposer la gestion de ces centrales sous forme de social business ?
Un groupe sur Facebook, Social Business, un projet humaniste pour réformer l'économie, a été crée par Henri Lelièvre. Une lettre aux dirigeants du Modem est en cours de rédaction et de signature : je vous invite à prendre le train en marche !
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18 avril 2009
François Bayrou dans l'Ain mardi 14 avril
On a un excellent rapport du passage de François Bayrou dans Ain sur le site du Mouvement Démocrate. A l'invitation de Pierre Cormorèche, Président de la Chambre des Métiers de l'Ain, François Bayrou a aussi visité le Moulin Marion à Saint-Jean-sur-Veyle. J'ai retenu la petite allusion de son dirigeant, M. Pelletier, à un sujet d'actualité : "Nous avons tout construit de nos mains. Non, tous les patrons français ne ressemblent pas tous à ceux du CAC40. Point de chimie ni de pesticides chez eux ! Ni même de dividendes faramineux..." Bien vu ! Il a rajouté que l'entreprise est l'addition du capital et du travail. L'un ne va pas sans l'autre : "Une vérité qu'il faut rappeler en ces temps de crise et de doute".
François Bayrou a rappelé son intérêt pour la filière bio : "Trois raisons m'ont conduit jusqu'à vous :
- Mon ami Pierre évidemment, Président d'une Chambre des Métiers. Les métiers, voilà bien ce qui m'intéresse et ce à quoi nous devons redonner de la valeur.
- Ensuite, je vois bien que des PME de ce type sont un tissu de résistance à la crise que je veux symboliquement soutenir par ma présence ici.
- Enfin, que cette évolution, cette mutation vers le bio est frappante ! D'abord réservée aux militants, le bio séduit tout le monde aujourd'hui, jusqu'aux agriculteurs en conventionnel. Nous touchons-là une modèle de société différent. C'est très encourageant".
(Sur la photo : Maria Pelletier, dirigeant le Moulin Marion avec son époux)
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23 janvier 2009
Le retour des familistères ?
Réfléchir à la façon dont on peut partager les profits du travail ne date pas d'aujourd'hui. Et au delà, une réflexion globale sur le vivre ensemble non plus. Jean-Baptiste André Godin a fait partie des industriels qui ont réfléchi à la manière de concilier ce qui peut paraître pour certains inconciliable. Personnellement, je n'appelle pas de mes voeux la généralisation du système des familistères. Mais il y a sans doute de bonnes idées à piocher. Par exemple, Godin a été précurseur dans la parité hommes-femmes dans son entreprise. Il avait mis sur pied un ensemble cohérent de logements, d'école, de loisirs, de sécurité sociale et de commerces de proximité. Dans certaines situations critiques, il peut être opportun d'y réfléchir. Une gestion intégrée des coûts de la vie (logement, transports, éducation, santé, loisirs) permettrait dans certains secteurs d'activité de garder la production en France. Je pense à l'automobile et industries connexes, et à ce qui reste du textile.
Michel Lallement évoque ce Travail de l'utopie par le biais abordable et passionnant de la biographie de Godin. Aux Editions Les Belle Lettres.
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22 janvier 2009
Un portail TV solidaire
Je n'ai pas beaucoup de temps pour bloguer sur mon blog "politique" en ce moment. Beaucoup de pain sur la planche, mais je ne désespère pas de revenir en force avec moult sujets que j'avais promis d'aborder : deuxième partie de Vers un nouveau capitalisme et une modeste contribution à l'appel de Jean Lassalle.
En attendant j'ai découvert, mieux vaut tard que jamais, ce site très intéressant, qui aborde de façon à la fois très pédagogique et très pratique (avec des exemples de réalisation) l'économie sociale. Il se présente comme le portail vidéo de l'innovation sociale et du développement durable, sous le patronage de la délégation interministérielle à l'innovation, à l'expérimentation sociale et à l'économie sociale : SolidairTV.
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30 décembre 2008
Quelle richesse ?
Dans le cadre des futures Assises nationales du développement durable (19, 20 et 21 janvier 2009 à Lyon), TerreTV a interviewé le philosophe Patrick Viveret, qui est par ailleurs Président de l'Observatoire de la Décision publique. Il a rédigé en 2002 un rapport, qui s'intitule Reconsidérer la richesse, qui redevient d'actualité car il apporte, ou rappelle, les fondamentaux à partir desquels nous pourrions sortir de la crise par le haut.
La crise que nous traversons est systémique et appelle des réponses systémiques qui doivent articuler les dimensions économiques, sociales, culturelles, écologiques et de gouvernance. Ne pas reconsidérer la notion de richesse revient à vouloir changer de cap en gardant les même données qu'auparavant. La question essentielle que nous pose la crise est : qu'est-ce qui compte vraiment dans nos vies ? Quels sont les fondamentaux qui conditionnent la vraie richesse ? Peut-on répondre à la crise avec des logiques régressives, de sauve qui peut, ou totalitaires ?
Il résume son sentiment dans une phrase de Gandhi : Il y a suffisament de ressources sur cette planète pour répondre aux besoins de chacun, mais il n'y en pas assez pour répondre à l'avadité de tous !
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21 décembre 2008
RSE : and the winner is...

Les Amis de la Terre ont décerné un Prix Pinocchio à plusieurs entreprises qui, bien que se donnant une image de durabilité dans leur démarche économique, font parfois le contraire de ce qu'elles préconisent. Un prix citron en quelque sorte ! Cette association se bat pour influencer les décideurs économiques sur les problèmes d'environnement et de société : la Responsabilité Sociale et Environnementale RSE. Le petit soucis, et j'en parle sur ce blog, est que les grandes entreprises considèrent la RSE comme une "tendance", voire comme un nouvel outil marketing permettant de séduire une frange de plus en plus importante de la population. Les Amis de la Terre sont à l'origine de la campagne Total aggrave son cas : marée noire de l'Erika, torchage du gaz au Nigeria, soutien à la dictature birmane, investissements massifs dans des projets catastrophiques comme Kashagan au Kazakhstan ou les sables bitumineux du Canada... Bien sûr, Total n'est pas la seule entreprise d'extraction à mener de telles pratiques, mais il faut bien donner un exemple et commencer à balayer devant sa porte.
Les lauréats ont été choisi par les internautes sur le site du Prix Pinocchio.
Le prix Pinocchio Droits Humains a été décerné à la multinationale Louis Dreyfus qui est la deuxième plus grosse productrice d'agroéthanol et de sucre au Brésil. Après avoir exploité les travailleurs Guarani, et suite à la mise en place d'un droit du travail renforcé (et pourtant minimal !) l'entreprise compte se débarasser de ses employés en mécanisant le process. Un long article explique les choses ici.
Le prix Pinocchio Environnement a été décerné à Areva pour son manque de transparence lors du rejet accidentel de 75 kilo d'uranium hautement radioactif dans le Rhône en juillet de cette année.
Le prix Pinocchio Greenwashing est aussi décerné à Areva pour son manque de cohérence entre ses intentions annoncées en matière d'économie durable et ce qu'elle fait en réalité. Voir cet article.
A l'aune de ce qui se passe au niveau de la finance internationale, je n'ai pas été surpris de trouver des banques parmi les nominés. Comme par exemple le Crédit Agricole qui n'hésite pas à investir dans une usine polluante de pâte à papier en Uruguay. Ou encore la Société Générale jugée complice d'un crime contre l'environnement et le patrimoine commun de l'humanité en Turquie.
Pour moi, ce genre de prix pose le problème non pas des entreprises, mais des hommes qui les dirigent. On devrait décerner un diplôme aux dirigeants qui font coïncider nobles intentions et bonnes pratiques. Des chaires d'entrepreneriat social se mettent en place ici ou là et j'en reparlerai. Ce que je veux dire, c'est que la responsabilité sociale de l'entreprise doit être un engagement personnel et quotidien du dirigeant de cette entreprise. Pas simplement un département du pôle marketing !
15:30 Publié dans Ca grince..., Economie solidaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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