08 août 2009
Muhammad Yunus pourrait-il influencer la doctrine du Modem ?
J'ai décrit Muhammad Yunus dans un article sur son livre Vers un Nouveau capitalisme. Nous sommes plusieurs adhérents et sympatisants du Modem a souhaiter que le social business prenne une place plus importante dans la démarche intellectuelle et dans la pratique politique de notre mouvement politique.
Il faut imaginer des rouages différents pour certaines courroies de l'économie. Je pense en particulier aux centrales d'achat qui pourraient (ou devraient) toutes fonctionner sur un modèle social : coopérative, social business, GIE, etc. Ces centrales avaient à l'origine pour mission d'acheter en gros pour faire baisser le prix. Jusque là rien d'anormal si le fournisseur y trouve sont compte. Le problème est qu'aujourd'hui, les centrales d'achat cherchent aussi à revendre au plus cher à ses affiliés. On voit ici la patte des financiers. Il faut impérativement endiguer cette dérive. Pourquoi ne pas imposer la gestion de ces centrales sous forme de social business ?
Un groupe sur Facebook, Social Business, un projet humaniste pour réformer l'économie, a été crée par Henri Lelièvre. Une lettre aux dirigeants du Modem est en cours de rédaction et de signature : je vous invite à prendre le train en marche !
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05 juin 2009
La crise : il ne faut pas passer à côté de cette émission !
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07 février 2009
Existe-t-il une blogosphère économique ?
Si vous êtes comme moi passionné d'économie, vous vous intéressez sans doute aux blogs économiques qui tentent de s'exprimer au milieu de la tambouille blogosphérique. Il y en a plusieurs dans mon reader et je souhaite vous en faire partager certains qui ont la prédilection de mes visites.
Il y a en premier lieu le célèbre Econoclaste, l'économie pour les nuls et les autres : vous êtes dans quel groupe vous ?! J'apprécie ce blog pour son bêtisier, et parce qu'il colle à l'actualité avec, par exemple cette semaine, un article intéressant sur l'efficacité d'une éventuelle baisse de la TVA. Il possède aussi une page de liens très fournie et un blogroll impressionnant.
Je lis aussi de temps en temps les articles d'Olivier Bouba-Olga, maître de conférence à la Faculté de Sciences économiques de l'Université de Poitiers. Il aime communiquer son intérêt pour cette matière et répond volontiers aux journalistes sur des sujets d'actualité, comme par exemple dans Libé sur l'incidence de la suppression de la taxe professionnelle. J'ai connu ce blog alors que je recherchais des informations sur un sujet en rapport avec le développement des territoires. Ce blog aborde en effet souvent cette thématique qui arrive en quatrième position après la politique, l'entreprise et l'emploi. Avec cependant un classement aléatoire comme par exemple cet article sur les dynamiques de proximité qui figure dans la catégorie Recherche.
Très intéressants aussi, mais parfois trop pointus, les blogs de la revue Alternatives Economiques. Je pense en particulier à Jean Gadrey (Université Lille 1) qui aborde dans son dernier article le choix cornélien que doit faire la Gauche (mais pas seulement elle...) entre ceux qui pensent qu’il faut très vite relancer la croissance (qu’ils qualifient de « verte », crise écologique oblige), et ceux qui estiment qu’il faut « profiter de la crise » pour en finir avec le culte de la croissance et proposer une autre vision du progrès. Pour son ton peu usité dans le milieu, j'aime bien lire Gilles Raveaud, voyez par exemple son article les économistes libéraux entrent en résistance ! Du premier choix sur cette plate-forme.
Sur Débats & Co, tous les 15 jours, Jean-Damien Pô et Nicolas Vanbremeersch se font l'écho des débats économiques et sociaux qui se déroulent sur la blogosphère économique. Noble mission, si ce n'est qu'il n'y a plus de flux depuis juin 2008... On pourra se rabattre sur les blogueurs de cette plate-forme ainsi que sur plusieurs blogs thématiques. Je dois signaler que la plupart de ces blogs ont une analyse proche du patronat.
Ensuite viennent les blogs de prof d'économie : Marjorie Galy, David Mourey, Nathalie Vincent-Duschet. Je termine enfin par un agrégateur assez important par le nombre de fils RSS : Skav.org.
Bonne lecture à tous et n'hésitez pas à me confier en commentaires vos pépites à vous !
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26 janvier 2009
Que vont devenir les sciences économiques au Lycée ?
J'ai un souvenir agréable de mes cours de "science eco" au Lycée. Je trouvais qu'on n'allait pas assez loin dans l'étude du sujet. Le rapport théorie/cas concrèt était, il me semble, assez bien équilibré. Aussi suis-je surpris que l'on veuille aujourd'hui chambouler les choses et, si j'ai bien compris, réduire l'enseignement de cette matière en restant sur les fondamentaux. Par contre, je me souviens très bien que les profs d'économie que j'ai eu (ainsi que les profs d'histoire-géo) ne pouvaient pas s'empêcher de faire passer, subrepticement, leurs idées marxistes. De mémoire, je n'ai jamais eu de profs qui soient neutres dans le développement de leurs cours. Je pense qu'en filigrane se pose ce problème de la neutralité de l'enseignement. Et comment procéder autrement qu'en étant justement complèt ?
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| Tags : sciences économiques et sociales, lycée |
25 janvier 2009
Faut-il tout sacrifier sur l'autel du prix ?
Dans la crise actuelle apparaît une tendance sur laquelle feraient bien de se pencher nos politiques. Une tendance qui est à mon sens le noeud du problème. Cette révélation m'a été faite alors que je parlais à bâton rompu avec un client :
Le client : Vous ne trouvez pas que vos produits sont anormalement chers ? (Sous-entendu : vous ne vous goinfrez pas de trop ?)
Moi : Quels sont les éléments de comparaison qui vous permettent de penser cela ?
Le client : Heuh...
Moi : Quel est votre métier ?
Le client : Je suis commercial dans une concession automobile...
Moi : Vous ne trouvez pas que les voitures sont anormalement chères ?
Le client : Oui, mais il y a des gens pour les imaginer, construire des prototypes, les sortir en série, les vendre...
Moi : Eh bien c'est la même chose pour mes produits Monsieur !
Je vous raconte cette anecdote pour attirer votre attention sur cette tendance qu'est tout à la fois la banalisation du produit et sa seule réduction au prix qu'il coûte. Ce raisonnement est destructeur. Il pousse toute une société vers le bas. Il faudra bien réaliser un jour que cette façon de voir les choses dénature complètement les échanges économiques, et au-delà les relations humaines.
L'explosion de l'innovation technologique a permi d'améliorer les produits et de baisser substantiellement leur prix. Autrefois le pain, la farine et d'autres produits de base étaient seuls considérés comme de la marchandise. Aujourd'hui tout est marchandise. Et tout doit donc coûter le prix d'une baguette, voire être donné. Les distributeurs ont bien compris cette tendance. Ils développent des canaux économiques de vente pour satisfaire un consommateur exigent sur les prix : ce sont les discounts, les entrepôts du troc, les sites Internet discount. Mais ils investissent aussi des niches où la dépense est peut-être plus en rapport avec l'exigence de qualité : ce sont les réseaux bio, les réseaux spécialisés, les enseignes de ville. Cependant, il ne faut pas se voiler la façe : même sur ces niches, les acheteurs et les financiers sévissent en maîtres, laissant exsangues fabricants, salariés et même... clients !
Alors que faire ? Plusieurs pistes :
- Les fabricants doivent reprendre la main : investir dans le canal de distribution en prenant des participations afin d'influencer la gestion des entreprises du secteur.
- L'Etat doit impérativement influencer les bonnes pratiques dans toute la filière, et se faire l'initiateur d'une campagne d'information sur ce problème. Nous sommes très forts pour influencer les fumeurs et les automobilistes, pourquoi ne le serions-nous pas pour les consommateurs ? Il faut redonner du sens à l'acte d'achat.
- Les hommes politiques doivent prendre position clairement et ne pas se laisser seulement bercer par les lobbies de toutes sortes. L'acte d'achat est un acte social avant d'être un acte économique.
- Il faut imaginer des rouages différents pour certaines courroies de l'économie. Je pense en particulier aux centrales d'achat qui pourraient (ou devraient) toutes fonctionner sur un modèle social : coopérative, social business, GIE, etc. Ces centrales avaient à l'origine pour mission d'acheter en gros pour faire baisser le prix. Jusque là rien d'anormal si le fournisseur y trouve sont compte. Le problème est qu'aujourd'hui, les centrales d'achat cherchent aussi à revendre au plus cher à ses affiliés. On voit ici la patte des financiers. Il faut impérativent endiguer cette dérive.
Pour aller plus loin sur les évolutions de consommation, je conseille le rapport Deloitte 2008 et particulièrement à partir de la page 45. Je laisse une porte ouverte à la réflexion et vous invite à me donner votre avis, même contradictoire, ainsi que vos propres solutions.
11:37 Publié dans Ca grince..., Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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30 décembre 2008
Quelle richesse ?
Dans le cadre des futures Assises nationales du développement durable (19, 20 et 21 janvier 2009 à Lyon), TerreTV a interviewé le philosophe Patrick Viveret, qui est par ailleurs Président de l'Observatoire de la Décision publique. Il a rédigé en 2002 un rapport, qui s'intitule Reconsidérer la richesse, qui redevient d'actualité car il apporte, ou rappelle, les fondamentaux à partir desquels nous pourrions sortir de la crise par le haut.
La crise que nous traversons est systémique et appelle des réponses systémiques qui doivent articuler les dimensions économiques, sociales, culturelles, écologiques et de gouvernance. Ne pas reconsidérer la notion de richesse revient à vouloir changer de cap en gardant les même données qu'auparavant. La question essentielle que nous pose la crise est : qu'est-ce qui compte vraiment dans nos vies ? Quels sont les fondamentaux qui conditionnent la vraie richesse ? Peut-on répondre à la crise avec des logiques régressives, de sauve qui peut, ou totalitaires ?
Il résume son sentiment dans une phrase de Gandhi : Il y a suffisament de ressources sur cette planète pour répondre aux besoins de chacun, mais il n'y en pas assez pour répondre à l'avadité de tous !
20:24 Publié dans Economie, Economie solidaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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29 décembre 2008
Campagnes de France : grande cause nationale

Je me fais ici le relais des députés Jean Lassalle (Pyrénées Atlantiques) et André Chassaigne (Puy de Dôme) qui ont lancé un Appel pour des Etats généraux des Campagnes françaises. Je ne vais pas répéter ce qui est si bien dit. Mais je me rallie sans réserve à cet appel, en ma qualité d'élu d'une Chambre de commerce et de commerçant en milieu rural. Je rappelle que le sujet abordé est d'abord un choix de société et qu'il doit interpeller tout citoyen, au delà de ses opinions politiques. D'ailleurs M Lassalle est Modem et M Chassaigne PCF, preuve s'il en est de la nécessité de dépasser les clivages traditionnels quand il s'agit de l'avenir de notre vie commune.
Députés de territoires de campagnes, nous avons décidé de porter publiquement à votre connaissance notre sentiment du mal profond qui ronge de plus en plus cruellement une grande partie de notre espace national et des habitants qui y vivent. Devant l'agonie de pans entiers de territoires de France, métropole et territoires d'outre-mer, nous ne pouvons en effet rester plus longtemps silencieux.
Depuis plus de trente ans, l’Etat, avec la dégradation de ses services publics (l'école, la poste, la maternité, les tribunaux, les transports...), abandonne les campagnes françaises. Aujourd'hui, certains penseurs naturalistes et les adeptes de la rentabilité les transforment en réserves d’indiens. L'Etat ne porte plus une véritable politique d'aménagement du territoire et des espaces ruraux. Les agriculteurs, ruinés par des prix agricoles qui n’ont jamais été aussi bas, partent en faillite sans repreneurs, suivis par les commerçants et artisans qui ne trouvent personne à qui transmettre leur fonds de commerce ou leur savoir-faire. Les entrepreneurs désertent faute de soutien bancaire et d’infrastructures de transport dignes de ce nom. Les élus assistent impuissants à l’empilement de normes et de lois qui les paralysent et souvent au sur endettement de leur commune qui bloque toute vision d’avenir.
Devant une situation si dramatique, il est de notre responsabilité de participer à l'élaboration d'une nouvelle manière de penser, d'être et d'agir qui corresponde à la réalité de ces terres abandonnées et aux besoins de populations qui ont la volonté de se sentir utiles.
Mais qui dira à l'opinion française la vérité sur la situation des campagnes sinon celles et ceux qui vivent le drame actuel dans leur chair ? Il est urgent de briser la « loi du silence » et de donner la parole à ces centaines de milliers de nos concitoyens qui ne demandent qu'à croire en leur destin et en l'avenir des territoires qu'ils habitent.
C'est pourquoi, transcendant les sensibilités politiques, nous appelons les habitants et acteurs des campagnes à rédiger des « cahiers de doléances » qui préfigureront les « États Généraux des campagnes françaises ». Si vous vous saisissez de cette initiative, cette démarche peut prendre une envergure pacifique, intelligente et refondatrice d'une ampleur que personne d'entre nous ne peut imaginer.
De tels Etats Généraux pourraient déboucher sur une grande proposition de loi intitulée « Campagnes de France : grande cause nationale » portée par le peuple de France et qui aurait pour objectif de marquer l'arrêt du déclin de nos campagnes. Cette proposition de loi, le moment venu, pourrait être déposée à l'Assemblée nationale sous la signature de tous les parlementaires de notre pays.
C'est pourquoi, afin de faciliter l'engagement de tous nos concitoyens, nous voudrions adresser cet appel résolu :
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A vous populations rurales qui vous mobilisez pour la sauvegarde des services publics, pour essayer de trouver un emploi, pour ne plus être considéré comme des citoyens en dehors de la « vraie société », de « celle qui prend les décisions », de « celle qui compte » parce qu'elle détiendrait toutes les richesses.
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A vous agricultrices et agriculteurs, paysans de France, qui manifestez contre un pouvoir d'achat de plus en plus virtuel, contre l'effondrement des prix agricoles, contre la hausse des marges de la grande distribution,
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A vous commerçants, artisans, médecins, pharmaciens, infirmiers et professionnels de santé qui maintenez au quotidien la flamme de vie et qui trop souvent êtes les derniers à fermer les portes de nos villages.
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A vous ouvriers et ouvrières des industries rurales dont les salaires sont au plus bas.
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A vous travailleurs du secteur privé comme du secteur public, fonctionnaires et employés du tertiaire, à vous instituteurs et formateurs qui donnez tant à notre pays dans une telle indifférence.
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A vous, associations qui agissez dans nos campagnes, bien souvent dans l'incompréhension des pouvoirs publics, pour maintenir un dernier lien social et humain.
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A vous maires et ensemble des élus locaux qui luttez jour après jour pour tenter de garder un souffle de vie dans nos villes et villages, attirer des emplois, des jeunes, construire des projets d'avenir.
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A vous aussi, compagnons des banlieues françaises, qui savez par expérience ce que signifie le sentiment d'être inutile à la nation et laissé au ban de la société.
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A vous, médias et organes de presse qui pourriez vous engager dans cette belle et grande cause,
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A vous chercheurs, penseurs, intellectuels qui ne pourriez vous résigner à ce qu'un pan entier de notre civilisation ne s'éteigne dans les toutes prochaines années.
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A vous enfin, chers collègues Députés et Sénateurs, parlementaires de France, qui vivez au quotidien cette réalité et qui pensez que cette situation n'est pas une fatalité.
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Et plus largement encore à vous tous, citoyens de notre pays, qui refusez un désastre qui ne dit pas encore son nom !
Assignons une nouvelle mission historique à nos campagnes.
Avec cette grande cause nationale,
quelle belle perspective nous pouvons redessiner pour l'ensemble de notre pays !
Jean Lassalle, André Chassaigne
Député des Pyrénées-Atlantiques Député du Puy-de-Dôme
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| Tags : campagnes de france, etats généraux des campagnes françaises, jean lassalle, andré chassaigne |
23 décembre 2008
J'hésite entre la brune et la blonde
Bon, évidemment, si on m'avait donné des profs aussi sympas, je serais devenu un grand économiste ! Au début j'ai cru à une pub pour Vélib. Vous savez, les parkings à vélos...^^ Emprunté chez Morninglory sur Wat. Wat, le seul reader video qui classe les interventions de Nicolas Sarkozy dans la catégorie Paranormal...
Voilà, c'était une petite note légère pour vous souhaiter un joyeux Noël !
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| Tags : humour, crise économique, morninglory |
18 décembre 2008
L'erreur spatio-temporelle de Jacques Attali
Même si je pratique parfois moi-même un humour niveau moins dix, je n'aurais jamais eu l'idée de faire la promotion d'un essai d'économie sur le plateau de Ruquier. Il y a essentiellement deux raisons qui peuvent vous amener à fréquenter ce haut lieu de la bêtise télévisuelle (et dire que nous sommes sur une chaîne publique...^^) : soit vous n'avez rien à dire, soit vous avez au contraire un tombereau de conneries à déverser devant des animateurs aussi doués que les téléspectateurs qui regardent cette emission.
Et pourtant j'apprécie Naulleau pour sa faculté à vulgariser la littérature. Il a un projet de road movie littéraire qui devrait être très intéressant. Certes, il est difficile de suivre sur la durée les raisonnements de Jacques Attali. Et même lorsque je pense avoir compris quelque chose, je suis tout de suite après décontenancé par un autre écrit qui ne semble pas aller dans le même sens. Par conséquent, la seule vacherie que j'aurais pu adresser à Monsieur Attali aurait été de lui recommander, pour notre santé intellectuelle à tous, d'écrire moins mais mieux !
Une fois de plus, on est devant des journalistes (ou prétendus tels ?) qui n'ont pas étudié leur sujet et qui se permettent de mettre en difficulté leur invité uniquement dans le but de répondre à la charte de l'émission. La seule différence avec les journalistes d'opérette entretenus par Ruquier, c'est que je lis les livres que je critique. Alors, pour une fois je suis d'accord avec Monsieur Attali : on ne donne pas à boire à un âne qui n'a pas soif !
Pour vous faire votre opinion, l'explication de Jacques Attali et le best-off :
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| Tags : jaques attali, on n'est pas couché |
13 décembre 2008
Vers un nouveau capitalisme (Partie I)
En ces temps de pessimisme, je souhaite vous apporter l'optimisme d'un personnage qui ne manque ni d'audace, ni d'esprit innovant : Muhhamad Yunus. Je vous conseille de mettre dans une seringue les mots qui vont suivre, et de vous les perfuser chaque matin au lever du soleil.
Fondateur de la Grameen Bank, Yunus, que dis-je, Monsieur Yunus est le vulgarisateur du microcrédit. D'abord dans son pays, le plus pauvre du monde, le Bangladesh, mais aussi dans le monde, car de nombreuses personnes et organisations se sont inspirées de lui. Je vais vous expliquer comment ce modeste prof d'économie, (bon, Docteur en économie tout de même !) a dépassé les dogmes du capitalisme classique pour imposer son action. Pour moi, il fait partie de ces hommes, et de ces femmes, qui donnent ses lettres de noblesse à cette obscure matière qu'est l'économie. Et au delà, son sens de l'entreprenariat mis au service du bien commun donne une autre vision de la politique. Au point d'avoir reçu le prix Nobel de la Paix en 2006.
Yunus est l'inventeur du microcrédit mais ce n'est pas de cela dont je vais parler principalement ici. Un simple rappel sur ce qu'est le microcrédit cependant : [Il] consiste à aider les pauvres à créer une petite activité économique en leur accordant un prêt d'un montant réduit, souvent limité à 30 ou 40 dollars américains, ce sans exiger de garantie. Même à cette échelle, l'accès au capital peut transformer des vies humaines. De nombreux pauvres sont capables d'utiliser la modeste somme qui leur est prêtée pour lancer une activité prospère - une petite ferme, un atelier d'artisanat, une petite boutique - qui leur permettra de sortir leur famille de la pauvreté. J'ai commencé à prêter de l'argent aux pauvres - et surtout aux femmes - il y a trente et un ans. Depuis lors des millions de familles au seul Bangladesh ont amélioré leurs conditions d'existence grâce au microcrédit. (p 13)
Notre économiste, alors qu'il parcoure le monde pour "vendre" le principe du microcrédit, se voit invité à la table du président de Danone, Franck Riboud. Sur une poignée de mains ils décident ensemble de créer la première multinationale alimentaire gérée sur le modèle du social-business. Oui, c'est de cela dont nous allons parler : le social-business ! Mais auparavant, juste un détail, qui compte, la joint-venture "sociale" Grameen-Danone existe et fonctionne à plein régime...
Le concept de social-business n'a rien à voir avec une ONG ou une association à but non lucratif. Il vise le profit comme une entreprise classique, sauf que celui-ci est réinvesti au sein de l'entreprise : Un social-business est conçu et fonctionne comme une entreprise classique : il a des produits, des services, des clients, des marchés, des charges et des recettes. Mais le principe de maximisation du profit est remplacé par celui de bénéfice social. Plutôt que de chercher à amasser le profit financier le plus élevé possible afin de satisfaire ses investisseurs, le social-business cherche à atteindre un objectif social. (p 55)
Parmis toutes les motifs ou raisons qui pourront conduire un individu à créer un social business, il en est un ou une qui me paraît évident. Une réponse à une frustration bien connue des jeunes qui sortent de nos écoles de commerce : gagner beaucoup d'argent n'est plus exaltant. En témoigne, dans un registre proche, l'engouement des jeunes diplômés pour le commerce éthique. Cette motivation est présente aussi chez le chefs d'entreprise qui enregistrent du k-bis au compteur : l'argent, mais pourquoi faire ? Le social-business est une occasion de mettre ses talents au service d'une cause noble. Et va tout à fait dans le sens d'un humanisme assumé.
Bien entendu, le fait que les actionnaires ne touchent pas de dividendes pourrait être un frein. Et bien non ! Lors de la création de la joint-venture avec Grameen, Danone dû expliquer à ses actionnaires qu'ils ne percevraient pas de dividendes dans cette affaire. Ce fut l'occasion de rappeler certains objectifs que le fondateur avait donné à l'entreprise : Une croissance économique soutenable ne saurait être dissociée du développement personnel et de l'expression de valeurs humanistes.
Sortez du cadre et imaginez ce que nous pourrions faire en créant de toute pièce un statut de l'entreprise sociale ! Une entreprise comme GDF Suez ou La Poste pourraient tout à fait fonctionner sur ce principe : l'Etat n'est pas actionnaire et les propriétaires de l'entreprise ont l'obligation de réinvestir les profits. Soit dans la croissance de l'entreprise, soit au bénéfice des clients. On peut d'ailleurs penser que les clients seraient légitimement actionnaires de ce genre de grosse entreprise, monopolistique par nature et par nécessité. Je suis très anthousiaste, pas vous ?
Dans la prochaine partie, je reviendrai sur les idéaux qui ont amenés Yunus à imaginer le social-business.
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