20 décembre 2008

On peut changer le monde !

52 ans, cinq enfants, Laurent de Cherisey rapporte un enthousiasme sans faille de son tour du monde, une confiance inoxydable en l'homme. Son idée est que l'information délivrée est terriblement anxiogène, que les idées positives ne sont pas assez mises en valeur.


Ancien chef d'entreprise, co-fondateur du réseau Reporters d'Espoirs, Laurent de Cherisey cherche des volontaires pour changer le monde ! Edité aux Presse de la Renaissance, cet ouvrage répond avec énormément d'exemples à cette question que nous nous posons chaque jour : y-a-t-il une autre façon de vivre notre quotidien ? Son livre n'est pas une remise en cause du capitalisme mais plutôt une mise en avant de la capacité créatrice que possède chaque être humain. Montrer que des gens partent de rien, refusent la fatalité, dépassent la peur de l'autre pour pouvoir travailler ensemble, tout en refusant le communautarisme et le repli identitaire.


Ce qui est révolutionnaire aujourd'hui, ce n'est pas de commémorer Mai 68 mais de passer de l'immobilisme à l'action.



Partir de l'être humain, unique et irremplaçable, capable d'initiative, seul ou en groupe. Ces initiatives ensemencent et font bouger le monde. Lisez ce livre qui regorge d'exemples qui vont dans ce sens. Un extrait : "La société occidentale focalise nos énergies sur le rentable et l'efficace. La faiblesse et la fragilité font peur dans une société qui valorise la performance, l'efficacité, la force. Ce qui est fragile apparaît comme un frein dans la course économique symbolisée par les modèles publicitaires de l'être humain idéal. Les improductifs, les jeunes, les vieux, les handicapés, les malades, les précaires renvoient une image qu'on veut oublier et qui nous fait peur. L'image de notre propre fragilité. Mais nous savons tous au fond que chacun de nous se retrouvera exclus par l'obligation de performance un jour ou l'autre."



Ce mélange d'humanisme et de vie quotidienne vise juste. Est-ce utopique ? On peut rappeler à ce titre Robert Schuman, Konrad Adenauer, Jean Monnet, qui ont fait de l'Europe, après mille ans d'oppositions fratricides, la région la plus stable du monde. Combien ont pensé que c'était une utopie ? Ce bouquin est un vrai bol d'air frais pour ceux qui pensent que les choses ne sont pas immuables et figées.

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15 décembre 2008

Il existe des gens formidables !

Ce livre (de vie ?) montre combien et comment il est possible de changer le monde avec peu d'argent, mais souvent avec de bonnes idées, parfois remises au goût du jour, avec simplicité et efficacité.

Gérard Klein, tout le monde le connaît, c'est l'Instit, un acteur talentueux qui réunit avec bonheur toute la famille devant le petit écran. Il a décidé de changer de vie, cette fois-ci avec femme et fille, lui qui se reproche d'avoir été trop absent. Une occasion aussi de mettre en avant une épouse exceptionnelle, un pilier sur lequel s'appuyer, une fille dynamique, digne héritière ! Son style est à la fois enjoué et touchant. Lorsque vous aurez tourné la dernière page, vous n'aurez envie que d'une seule chose : participer.

 


Partir au bout du monde, ou descendre au coin de la rue. Donner un peu d'argent ou simplement transmettre votre savoir. Rentrer dans l'action, ou modestement faire connaître toutes ces petites et grandes actions qui font que quelque part un népalais n'a plus faim, un chirurgien opère un pauvre homme, un orphelinat tourne décemment, un paysan s'autosuffit (d'actualité !), etc. Je ne vais pas détailler toutes les initiatives que Klein développe dans son livre ; vous en connaissez certaines et d'autres vous surprendront, comme celle qui consiste à développer le tourisme au service du pays. Elles ont toutes un point commun : l'accessibilité. Tout le monde peut le faire !



Quant-à Gérard Klein, sa nouvelle vie me rappelle un mot de Jiddu Krishnamurti : "Les relations sont sûrement le miroir dans lequel on se découvre soi-même". Pas étonnant qu'il ait rencontré des gens formidables !



www.gerardklein.org

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10 décembre 2008

Quand le bulbe devient utopie

9782213643076-G.jpgDieu l'a imaginé, Attali l'a fait ! Si j'avais vingt ans de moins, j'aurais adoré ce livre et son gourou. Imaginez que la crise ne soit finalement qu'une erreur de jeunesse de notre bon vieux système capitaliste. Voyez, une sorte de coup de pied au train qui n'a d'objectif que de nous remettre sur les rails illico presto. Quelle ambition ! Pour sortir de la crise, il faut tout simplement réformer le monde. Comment n'y avons-nous pas pensé plus tôt, têtes de bois et têtes de linottes que nous sommes ?! Jacques Attali compare même la crise d'aujourd'hui à la crise des Tulipes de 1637. Mesdames, Messieurs, un bulbe est né et ne demande qu'à éclore !

 

Donc, afin de remettre de l'ordre dans ce bazar mondial, nous recrutons d'urgence des consultants en organisation mondiale. D'ailleurs je propose sans plus attendre d'inviter notre conseiller des Princes à nous pondre très rapidement un chapellet de propositions. Y-t-il des candidats pour la dream team ?

 

Le monde est bourré de gens formidables. On commence par quoi ?^^

 

Le mot de l'auteur, histoire de ne pas rester sur mes sarcasmes de bon Français d'en-bas : «Comment en est-on arrivé là? Le monde semblait aller très bien, la croissance économique était la plus rapide de l’Histoire; tout annonçait qu’elle allait se poursuivre, sur la planète entière, grâce à une épargne abondante et à des progrès techniques extraordinaires. Et voilà que nous sommes à l’aube d’une dépression planétaire, la plus grave depuis quatre-vingts ans. Entre les deux, en apparence, pas grand-chose, sinon des familles américaines incapables de rembourser un crédit sur leur logement.
L’objet de ce livre est d’expliquer, aussi simplement que possible, ce mystère, pour le résoudre, pour éviter que la crise ne dérape en catastrophe politique mondiale. Et pour que l’on ne nous y reprenne plus!»

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02 décembre 2008

Vaincre la pauvreté grâce au profit ?

Prahalad.jpgVaincre la pauvreté grâce au profit est le sous-titre de ce bouquin que j'ai lu l'été 2007 et qui s'intitule Quatre milliards de nouveaux consommateurs. J'ai ajouté un point d'interrogation car j'aimerais vous interpeler sur ces sujets sensibles que sont la pauvreté et le développement du tiers-monde. Je ne sais pas si c'est moi qui est pessimiste, mais j'ai l'impression que l'on en parle plus beaucoup en ce début de millénaire. Pourtant, on ne pourra pas ignorer bien longtemps le désir de ces milliards de consommateurs de vouloir accéder à la richesse (ou en tout cas au confort, même sommaire).

C.K. Prahalad est l'auteur de cet ouvrage qui a le mérite d'aborder le sujet sous un angle à la fois nouveau et optimiste. Il y décrit le BOP : Bottom of Pyramid, quatre milliards de consommateurs qui vivent avec moins de deux dollars par jour. L'auteur s'intéresse à ce qui marche dans l'économie des pays concernés, et ne cherche pas à savoir qui a raison, de la mondialisation ou pas, de l'opposition entre petits et grands, pauvres et riches. J'ai apprécié cette approche : le problème de la pauvreté doit nous obliger à innover et non à imposer des solutions. Le but est de faire en sorte que les consommateurs pauvres aient accès par eux-mêmes à un marché de produits à prix abordables, grâce notamment à la libre entreprise. Arrêtons de voir les pauvres comme des victimes ou comme un fardeau. Considérons-les comme des entrepreneurs déterminés et créatifs, ainsi que comme des consommateurs exigeants. L'innovation peut se résumer par exemple à des petits conditionnements mieux appropriés à la fois à leur mode de rémunération (à la journée) et à leur mode de consommation et de vie (au jour-le-jour). En suivant ces principes, Procter & Gamble a pénétré 90 % de ses marchés propres en vendant des dosettes.

A juste titre, Prahalad rappelle qu'il est inutile de vouloir appliquer au BOP des formules économiques issues des pays développés. Il parle plutôt d'écosystème pour la création de richesses, dans lequel interviennent toutes sortes d'acteurs privés entendus au sens large : de la micro-entreprise à la multinationale, en passant par les PME, les coopératives et les ONG. L'auteur est partisan de l'idée selon laquelle les pays pauvres ne le sont pas en actifs mais en capital. Or la formation de capital local et le fonctionnement des marchés sont bloqués par l'absence d'institutions fortes et respectées. Si l'on veut dissoudre la corruption, il faudra passer par un Etat fort et respecté. A ce niveau de l'analyse, il fait référence à Hernando de Sotos Prahalad peaufine sa thèse en évoquant la notion de gouvernance de transaction : un système de lois qui permette le respect et la transmission de la propriété ; des institutions qui rendent possible l'application équitable de la loi, dans des délais raisonnables et de manière transparente. Du point de vue du citoyen, la gouvernance de transaction présente les caractéristiques suivante : accès à l'information et transparence pour toutes ces transactions ; processus clair visant à réduire au maximum la marge d'interprétation des bureaucrates.

Je suis assez en phase avec cette vision économique du développement du Tiers-Monde mais je suis déçu que Prahalad ne développe pas assez le lien avec un autre pilier indispensable du développement : l'exercice de la démocratie politique dans certains de ces pays. Comment peut-on encourager l'esprit d'entreprise lorsque la liberté est parfois bafouée ? L'avènement d'une démocratie libérale n'est-elle pas un préalable au développement économique ? J'ouvre le débat.