08 août 2009

Muhammad Yunus pourrait-il influencer la doctrine du Modem ?

n106116622546_2063.jpgJ'ai décrit Muhammad Yunus dans un article sur son livre Vers un Nouveau capitalisme. Nous sommes plusieurs adhérents et sympatisants du Modem a souhaiter que le social business prenne une place plus importante dans la démarche intellectuelle et dans la pratique politique de notre mouvement politique.

Il faut imaginer des rouages différents pour certaines courroies de l'économie. Je pense en particulier aux centrales d'achat qui pourraient (ou devraient) toutes fonctionner sur un modèle social : coopérative, social business, GIE, etc. Ces centrales avaient à l'origine pour mission d'acheter en gros pour faire baisser le prix. Jusque là rien d'anormal si le fournisseur y trouve sont compte. Le problème est qu'aujourd'hui, les centrales d'achat cherchent aussi à revendre au plus cher à ses affiliés. On voit ici la patte des financiers. Il faut impérativement endiguer cette dérive. Pourquoi ne pas imposer la gestion de ces centrales sous forme de social business ?

Un groupe sur Facebook, Social Business, un projet humaniste pour réformer l'économie, a été crée par Henri Lelièvre. Une lettre aux dirigeants du Modem est en cours de rédaction et de signature : je vous invite à prendre le train en marche !

10 décembre 2008

Quand le bulbe devient utopie

9782213643076-G.jpgDieu l'a imaginé, Attali l'a fait ! Si j'avais vingt ans de moins, j'aurais adoré ce livre et son gourou. Imaginez que la crise ne soit finalement qu'une erreur de jeunesse de notre bon vieux système capitaliste. Voyez, une sorte de coup de pied au train qui n'a d'objectif que de nous remettre sur les rails illico presto. Quelle ambition ! Pour sortir de la crise, il faut tout simplement réformer le monde. Comment n'y avons-nous pas pensé plus tôt, têtes de bois et têtes de linottes que nous sommes ?! Jacques Attali compare même la crise d'aujourd'hui à la crise des Tulipes de 1637. Mesdames, Messieurs, un bulbe est né et ne demande qu'à éclore !

 

Donc, afin de remettre de l'ordre dans ce bazar mondial, nous recrutons d'urgence des consultants en organisation mondiale. D'ailleurs je propose sans plus attendre d'inviter notre conseiller des Princes à nous pondre très rapidement un chapellet de propositions. Y-t-il des candidats pour la dream team ?

 

Le monde est bourré de gens formidables. On commence par quoi ?^^

 

Le mot de l'auteur, histoire de ne pas rester sur mes sarcasmes de bon Français d'en-bas : «Comment en est-on arrivé là? Le monde semblait aller très bien, la croissance économique était la plus rapide de l’Histoire; tout annonçait qu’elle allait se poursuivre, sur la planète entière, grâce à une épargne abondante et à des progrès techniques extraordinaires. Et voilà que nous sommes à l’aube d’une dépression planétaire, la plus grave depuis quatre-vingts ans. Entre les deux, en apparence, pas grand-chose, sinon des familles américaines incapables de rembourser un crédit sur leur logement.
L’objet de ce livre est d’expliquer, aussi simplement que possible, ce mystère, pour le résoudre, pour éviter que la crise ne dérape en catastrophe politique mondiale. Et pour que l’on ne nous y reprenne plus!»

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02 décembre 2008

Vaincre la pauvreté grâce au profit ?

Prahalad.jpgVaincre la pauvreté grâce au profit est le sous-titre de ce bouquin que j'ai lu l'été 2007 et qui s'intitule Quatre milliards de nouveaux consommateurs. J'ai ajouté un point d'interrogation car j'aimerais vous interpeler sur ces sujets sensibles que sont la pauvreté et le développement du tiers-monde. Je ne sais pas si c'est moi qui est pessimiste, mais j'ai l'impression que l'on en parle plus beaucoup en ce début de millénaire. Pourtant, on ne pourra pas ignorer bien longtemps le désir de ces milliards de consommateurs de vouloir accéder à la richesse (ou en tout cas au confort, même sommaire).

C.K. Prahalad est l'auteur de cet ouvrage qui a le mérite d'aborder le sujet sous un angle à la fois nouveau et optimiste. Il y décrit le BOP : Bottom of Pyramid, quatre milliards de consommateurs qui vivent avec moins de deux dollars par jour. L'auteur s'intéresse à ce qui marche dans l'économie des pays concernés, et ne cherche pas à savoir qui a raison, de la mondialisation ou pas, de l'opposition entre petits et grands, pauvres et riches. J'ai apprécié cette approche : le problème de la pauvreté doit nous obliger à innover et non à imposer des solutions. Le but est de faire en sorte que les consommateurs pauvres aient accès par eux-mêmes à un marché de produits à prix abordables, grâce notamment à la libre entreprise. Arrêtons de voir les pauvres comme des victimes ou comme un fardeau. Considérons-les comme des entrepreneurs déterminés et créatifs, ainsi que comme des consommateurs exigeants. L'innovation peut se résumer par exemple à des petits conditionnements mieux appropriés à la fois à leur mode de rémunération (à la journée) et à leur mode de consommation et de vie (au jour-le-jour). En suivant ces principes, Procter & Gamble a pénétré 90 % de ses marchés propres en vendant des dosettes.

A juste titre, Prahalad rappelle qu'il est inutile de vouloir appliquer au BOP des formules économiques issues des pays développés. Il parle plutôt d'écosystème pour la création de richesses, dans lequel interviennent toutes sortes d'acteurs privés entendus au sens large : de la micro-entreprise à la multinationale, en passant par les PME, les coopératives et les ONG. L'auteur est partisan de l'idée selon laquelle les pays pauvres ne le sont pas en actifs mais en capital. Or la formation de capital local et le fonctionnement des marchés sont bloqués par l'absence d'institutions fortes et respectées. Si l'on veut dissoudre la corruption, il faudra passer par un Etat fort et respecté. A ce niveau de l'analyse, il fait référence à Hernando de Sotos Prahalad peaufine sa thèse en évoquant la notion de gouvernance de transaction : un système de lois qui permette le respect et la transmission de la propriété ; des institutions qui rendent possible l'application équitable de la loi, dans des délais raisonnables et de manière transparente. Du point de vue du citoyen, la gouvernance de transaction présente les caractéristiques suivante : accès à l'information et transparence pour toutes ces transactions ; processus clair visant à réduire au maximum la marge d'interprétation des bureaucrates.

Je suis assez en phase avec cette vision économique du développement du Tiers-Monde mais je suis déçu que Prahalad ne développe pas assez le lien avec un autre pilier indispensable du développement : l'exercice de la démocratie politique dans certains de ces pays. Comment peut-on encourager l'esprit d'entreprise lorsque la liberté est parfois bafouée ? L'avènement d'une démocratie libérale n'est-elle pas un préalable au développement économique ? J'ouvre le débat.

27 septembre 2008

Les fonds souverains - Un rapport de Jean Arthuis

Un rapport de Jean Arthuis vient d'être publié par le Sénat, portant sur les fonds souverains.

 

La crise des subprimes a été marquée par une prise de conscience du rôle des fonds souverains. Reflets des déséquilibres des nations industrialisées, leurs stratégies d'investissement se diversifient et leurs actifs pourraient atteindre 12.000 milliards de dollars en 2015.

arthuis_jean83011j.jpgLeur relative opacité rend la perception de leur stratégie ambiguë, entre actionnariat de long terme et emprise sur des secteurs stratégiques. Différentes démarches tendant à promouvoir la transparence des fonds souverains ont dès lors été initiées en 2008 à plusieurs niveaux : institutions financières internationales, Commission européenne, Etats.

La commission des finances du Sénat s'est attachée à prendre part au débat sur la place des fonds souverains et a ainsi organisé le 15 mai 2008 deux tables rondes.

Ce rapport d'information fait le point sur les initiatives récentes et esquisse une voie possible de coopération, consistant à consolider un régime lisible et restreint de protection des secteurs relevant de la souveraineté nationale, à harmoniser autant que possible les codes de conduite, et à promouvoir l'ouverture réciproque des marchés.

 

Les conclusions de ce rapport :

 

L'avènement des fonds souverains et la montée en puissance des moyens dont ils disposent nous livrent au moins trois enseignements pour notre propre économie.

En premier lieu, ils sont le miroir de nos déficits commerciaux et financiers comme de nos retards et atermoiements face aux réformes structurelles et aux exigences de compétitivité de notre économie.

Deuxième enseignement, les déséquilibres dont nous souffrons multiplient nos besoins de financement. Leur ampleur ne nous permet pas de nous dispenser des fonds souverains.

Enfin, les mouvements en cours sont en voie d'accélération. S'ils devaient se prolonger, l'essentiel des centres de décision, du patrimoine immobilier et de notre endettement collectifs échapperait à notre contrôle. A leur façon, les fonds souverains nous aident donc à prendre conscience de l'urgence et de la nécessité des réformes. Ainsi, dans une certaine mesure, nos « dettes souveraines » hypothèquent la constitution de fonds souverains français.

11:26 Publié dans Mondialisation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arthuis, fonds souverains, mondialisation, finance |

30 décembre 2005

Naomie Klein

Naomie Klein.jpgNaomi Klein, journaliste et économiste, est l’auteur du best-seller international, No Logo(Actes Sud). Née à Montréal en 1970, Naomie Klein débute sa carrière de journaliste au Toronto Star, se consacrant en particulier au monde du marketing. Cinq ans plus tard elle devient reporter indépendant et s’intéresse au caractère prédateur de la publicité dans nos sociétés. Elle travaille actuellement au Globe and Mail de Toronto et participe à de nombreux débats sur les médias. No Logo, livre culte traduit en 27 langues à sa sortie en 2001, est une enquête de terrain alimentée de nombreux chiffres et témoignages, une réflexion sur la société de consommation régie par le marketing et la publicité.

L'auteur y conteste la toute puissance des marques et plaide pour une sorte de boycott citoyen passant notamment par le refus d'arborer tel ou tel logo. Depuis la publication de No Logo, Naomi Klein continue sans relâche sa participation au débat contemporain sur la mondialisation, son impact et son avenir. Son deuxième roman, Le journal d’une combattante (2003), réunit deux années de chroniques écrites à l’occasion de manifestations ou de sommets tenus aux quatre coins du monde et parues dans de nombreuses publications, dont The Globe and Mail, The Nation, The Guardianet The New York Times. A travers ce témoignage de première main en provenance des lignes de front de la mondialisation, Naomi Klein poursuit, en l’élargissant, sa radioscopie de la société actuelle et son entreprise de dénonciation des grandes sociétés et des institutions internationales.