Muhammad Yunus pourrait-il influencer la doctrine du Modem ?
J'ai décrit Muhammad Yunus dans un article sur son livre Vers un Nouveau capitalisme. Nous sommes plusieurs adhérents et sympatisants du Modem a souhaiter que le social business prenne une place plus importante dans la démarche intellectuelle et dans la pratique politique de notre mouvement politique.
Il faut imaginer des rouages différents pour certaines courroies de l'économie. Je pense en particulier aux centrales d'achat qui pourraient (ou devraient) toutes fonctionner sur un modèle social : coopérative, social business, GIE, etc. Ces centrales avaient à l'origine pour mission d'acheter en gros pour faire baisser le prix. Jusque là rien d'anormal si le fournisseur y trouve sont compte. Le problème est qu'aujourd'hui, les centrales d'achat cherchent aussi à revendre au plus cher à ses affiliés. On voit ici la patte des financiers. Il faut impérativement endiguer cette dérive. Pourquoi ne pas imposer la gestion de ces centrales sous forme de social business ?
Pendant que Martine Aubry recycle les énergies fossiles en convoquant au chevet du PS les éléphants du parti éponyme, Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès écrivent à la secrétaire du Parti Socialiste. Leur idée est de convoquer toutes les forces traditionnelles de la Gauche (de la Ligue des Droits de l'homme au NPA !) pour lancer un nouveau Front Populaire. Avec à la clé un programme commun et des primaires en 2011 pour désigner le candidat à la présidentielle. Moi qui pensait que l'utopie avait quitté les rangs de la Gauche... Il est temps d'aller faire notre marché si l'on ne veut pas que Nicolas Sarkozy nous pique les meilleurs éléments !
N'oublions pas que Lienenmann est la championne du renouveau virtuel du PS : avec gaucheavenir.org et 2012 le logiciel de la victoire, les socialistes se sentent, il est vrai, en sécurité. Elle pourrait devenir la trésorière du Front populaire, avec des serrures dont elle n'aurait officiellement pas le code d'accès...
C'est quand on est dans la m... qu'on trouve le papier toilette !
Je ne vais pas polémiquer sur nos résultats mais je pense quand même qu’il faut une plus grande consultation du terrain. Les commissions sont déjà orientées dans leur contenu lorsqu’on les consulte, ou lorsqu’on veut y participer. Tous les partis politiques ont ce défaut de faire croire qu’il existe une réelle démocratie interne… Alors, il ne faut pas s’étonner qu’un parti neuf n’ait pas trouvé suffisamment de zélateurs motivés sur le terrain pour faire la campagne.
Pour ce qui est de la forme, je ne suis pas sûr que la sortie d’un bouquin, aussi bon soit-il, ait eu une influence positive ou négative sur les électeurs. D’ailleurs, s’ils ont acheté le livre au début de la campagne, ils l’ont peut-être fini la veille du scrutin… Dans la même veine, certains pensent que les écolos ont bénéficié de la diffusion du film de Yann Arthus Bertrand… Tout est bon pour se trouver des excuses.
Je reste plus que jamais acquis aux idées qui sont celles défendues par le Modem. Mais si je le suis, c’est parce que je m’intéresse à la politique. Ce n’est pas le cas du quidam, qui ne dépasse que rarement la discussion au comptoir du commerce. Il faut plus que jamais avoir une communication de masse efficace. Qui connait la position du Modem sur l’entrée de la Turquie en Europe ? Qui connait le programme économique européen de notre Parti, dans les détails ?
Ce sont ce genre de questions qui ont intéressé les électeurs. Et pour cela il ne faut pas avoir de réponses vagues. Relisez la profession de foi…
Bref, nos dirigeants pensent qu’on a bien travaillé nos copies, aussi bien sur le fond que sur la forme. Je pense pour ma part que tout est à reprendre, sur le fond comme sur la forme. Avec plus d’ambition sur le fond, une meilleure pédagogie sur la forme.
Après, ce n’est qu’une opinion parmi tant d’autres.
On a un excellent rapport du passage de François Bayrou dans Ain sur le site du Mouvement Démocrate. A l'invitation de Pierre Cormorèche, Président de la Chambre des Métiers de l'Ain, François Bayrou a aussi visité le Moulin Marion à Saint-Jean-sur-Veyle. J'ai retenu la petite allusion de son dirigeant, M. Pelletier, à un sujet d'actualité : "Nous avons tout construit de nos mains. Non, tous les patrons français ne ressemblent pas tous à ceux du CAC40. Point de chimie ni de pesticides chez eux ! Ni même de dividendes faramineux..." Bien vu ! Il a rajouté que l'entreprise est l'addition du capital et du travail. L'un ne va pas sans l'autre : "Une vérité qu'il faut rappeler en ces temps de crise et de doute".
François Bayrou a rappelé son intérêt pour la filière bio : "Trois raisons m'ont conduit jusqu'à vous :
Mon ami Pierre évidemment, Président d'une Chambre des Métiers. Les métiers, voilà bien ce qui m'intéresse et ce à quoi nous devons redonner de la valeur.
Ensuite, je vois bien que des PME de ce type sont un tissu de résistance à la crise que je veux symboliquement soutenir par ma présence ici.
Enfin, que cette évolution, cette mutation vers lebioest frappante ! D'abord réservée aux militants, lebioséduit tout le monde aujourd'hui, jusqu'aux agriculteurs en conventionnel. Nous touchons-là une modèle de société différent. C'est très encourageant".
(Sur la photo : Maria Pelletier, dirigeant le Moulin Marion avec son époux)
Ce clip enregistré pour l'émission Expression directe est intéressant car il résume la pensée économique du Modem. Résumé des phrases-choc de François Bayrou :
On peut mettre la liberté au nombre des valeurs mais, excusez-moi, on ne peut pas mettre le capital et le profit au nombre des valeurs qui fondent toute une vie.
L'adhésion au capitalisme comme modèle de société, ceci est à peu près le contraire exact de ce que nous pensons, de ce que nous voulons, de ce que nous espérons ; le contraire de ce que nous avons cherché, pas seulement comme famille politique, mais comme Nation française, et comme civilisation européenne, depuis que nous avons conscience que l'Histoire ne consiste pas à subir mais à construire.
Les riches deviennent plus riches, les pauvres deviennent plus pauvres. Ce n'est pas une dérive, c'est le centre même du système dans lequel on se trouve.
Croyez-moi, si De Gaulle était là, est-ce que vous croyez qu'il laisserait dire que c'est le capitalisme, refondé ou pas, l'idéal de la France ?
Nous, nous savons ce que nous mettons en premier. Et ce que nous mettons en premier, ce n'est pas l'argent, c'est l'être humain. C'est pourquoi nous n'adhérons pas au capitalisme. Nous adhérons à l'humanisme. Et nous considérons que sur bien des points, le capitalisme est en contradiction avec l'humanisme.
Si vous faites adhérer la France au capitalisme comme projet de société, alors il n'y a pas de question de travail du dimanche. La question est réglée. Elle est tranchée d'avance. Mais il y a des enfants qui ne verront plus leurs mamans pendant le week-end. Et naturellement, ce ne seront pas les plus favorisés.
Si vous n'avez comme vision que le profit, alors vous faites La Poste dans les grandes agglomérations. Et la privatisation conduira inéluctablement à abandonner les autres. Voilà la raison pour laquelle nous ne sommes pas d'accord avec la privatisation de La Poste.
Intitulé "Refonder le capitalisme", l'UMP a rédigé un rapport à l’issu des Ateliers du changement, organisés par Frédéric Lefebvre, porte-parole et secrétaire à l’Economie de l’UMP.
Sont abordées les notions de :
Bonne gouvernance (noter les agences de notations, faire du FMI le pivot d’une nouvelle régulation financière, harmoniser la fiscalité européenne…)
Modernisation économique (small business act, création de pôles d’attractivités outre-mer, réforme de la formation)
Relance (financement des PME, mesures en faveur de l’accession à la propriété).
Ces 37 propositions sont le fruit d’une réflexion collective, avec des participants d’horizons très divers, comme Bernard Maris, Charles Beigbeder, Robert Rochefort, Christian Saint Etienne, Jean-Paul Fitoussi, Olivier Pastré. Mais, in fine, elles sont présentées sous le label de l’UMP. Et c’est tout l’intérêt. Elles ont d’ailleurs été soumises à l’exécutif, à la veille de la convention économique de l’UMP qui se déroulera le 17 décembre.
Exit donc les références au programme présidentiel. Désormais l’UMP dispose d’un nouvel outil de référence. Et d’un réservoir à idées pour insuffler un second souffle au quinquennat.
Le 23 septembre, six motions ont été déposées à l’occasion d’un conseil national de synthèse à la Mutualité à Paris, en vue du Congrès de Reims des 14, 15 et 16 novembre. Six textes sur lesquels les militants seront invités à voter le 6 novembre.