02 décembre 2008

Vaincre la pauvreté grâce au profit ?

Prahalad.jpgVaincre la pauvreté grâce au profit est le sous-titre de ce bouquin que j'ai lu l'été 2007 et qui s'intitule Quatre milliards de nouveaux consommateurs. J'ai ajouté un point d'interrogation car j'aimerais vous interpeler sur ces sujets sensibles que sont la pauvreté et le développement du tiers-monde. Je ne sais pas si c'est moi qui est pessimiste, mais j'ai l'impression que l'on en parle plus beaucoup en ce début de millénaire. Pourtant, on ne pourra pas ignorer bien longtemps le désir de ces milliards de consommateurs de vouloir accéder à la richesse (ou en tout cas au confort, même sommaire).

C.K. Prahalad est l'auteur de cet ouvrage qui a le mérite d'aborder le sujet sous un angle à la fois nouveau et optimiste. Il y décrit le BOP : Bottom of Pyramid, quatre milliards de consommateurs qui vivent avec moins de deux dollars par jour. L'auteur s'intéresse à ce qui marche dans l'économie des pays concernés, et ne cherche pas à savoir qui a raison, de la mondialisation ou pas, de l'opposition entre petits et grands, pauvres et riches. J'ai apprécié cette approche : le problème de la pauvreté doit nous obliger à innover et non à imposer des solutions. Le but est de faire en sorte que les consommateurs pauvres aient accès par eux-mêmes à un marché de produits à prix abordables, grâce notamment à la libre entreprise. Arrêtons de voir les pauvres comme des victimes ou comme un fardeau. Considérons-les comme des entrepreneurs déterminés et créatifs, ainsi que comme des consommateurs exigeants. L'innovation peut se résumer par exemple à des petits conditionnements mieux appropriés à la fois à leur mode de rémunération (à la journée) et à leur mode de consommation et de vie (au jour-le-jour). En suivant ces principes, Procter & Gamble a pénétré 90 % de ses marchés propres en vendant des dosettes.

A juste titre, Prahalad rappelle qu'il est inutile de vouloir appliquer au BOP des formules économiques issues des pays développés. Il parle plutôt d'écosystème pour la création de richesses, dans lequel interviennent toutes sortes d'acteurs privés entendus au sens large : de la micro-entreprise à la multinationale, en passant par les PME, les coopératives et les ONG. L'auteur est partisan de l'idée selon laquelle les pays pauvres ne le sont pas en actifs mais en capital. Or la formation de capital local et le fonctionnement des marchés sont bloqués par l'absence d'institutions fortes et respectées. Si l'on veut dissoudre la corruption, il faudra passer par un Etat fort et respecté. A ce niveau de l'analyse, il fait référence à Hernando de Sotos Prahalad peaufine sa thèse en évoquant la notion de gouvernance de transaction : un système de lois qui permette le respect et la transmission de la propriété ; des institutions qui rendent possible l'application équitable de la loi, dans des délais raisonnables et de manière transparente. Du point de vue du citoyen, la gouvernance de transaction présente les caractéristiques suivante : accès à l'information et transparence pour toutes ces transactions ; processus clair visant à réduire au maximum la marge d'interprétation des bureaucrates.

Je suis assez en phase avec cette vision économique du développement du Tiers-Monde mais je suis déçu que Prahalad ne développe pas assez le lien avec un autre pilier indispensable du développement : l'exercice de la démocratie politique dans certains de ces pays. Comment peut-on encourager l'esprit d'entreprise lorsque la liberté est parfois bafouée ? L'avènement d'une démocratie libérale n'est-elle pas un préalable au développement économique ? J'ouvre le débat.

30 novembre 2008

Expression Directe : le Modem et le capitalisme

Expression directe 5mn 12/2008 envoyé par mouvementdemocrate

 

 

 

Ce clip enregistré pour l'émission Expression directe est intéressant car il résume la pensée économique du Modem. Résumé des phrases-choc de François Bayrou :

 

On peut mettre la liberté au nombre des valeurs mais, excusez-moi, on ne peut pas mettre le capital et le profit au nombre des valeurs qui fondent toute une vie.

 

L'adhésion au capitalisme comme modèle de société, ceci est à peu près le contraire exact de ce que nous pensons, de ce que nous voulons, de ce que nous espérons ; le contraire de ce que nous avons cherché, pas seulement comme famille politique, mais comme Nation française, et comme civilisation européenne, depuis que nous avons conscience que l'Histoire ne consiste pas à subir mais à construire.

 

Les riches deviennent plus riches, les pauvres deviennent plus pauvres. Ce n'est pas une dérive, c'est le centre même du système dans lequel on se trouve.

 

Croyez-moi, si De Gaulle était là, est-ce que vous croyez qu'il laisserait dire que c'est le capitalisme, refondé ou pas, l'idéal de la France ?

 

Nous, nous savons ce que nous mettons en premier. Et ce que nous mettons en premier, ce n'est pas l'argent, c'est l'être humain. C'est pourquoi nous n'adhérons pas au capitalisme. Nous adhérons à l'humanisme. Et nous considérons que sur bien des points, le capitalisme est en contradiction avec l'humanisme.

 

Si vous faites adhérer la France au capitalisme comme projet de société, alors il n'y a pas de question de travail du dimanche. La question est réglée. Elle est tranchée d'avance. Mais il y a des enfants qui ne verront plus leurs mamans pendant le week-end. Et naturellement, ce ne seront pas les plus favorisés.

 

Si vous n'avez comme vision que le profit, alors vous faites La Poste dans les grandes agglomérations. Et la privatisation conduira inéluctablement à abandonner les autres. Voilà la raison pour laquelle nous ne sommes pas d'accord avec la privatisation de La Poste.

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27 novembre 2008

Rapport "Refonder le capitalisme"

Intitulé "Refonder le capitalisme", l'UMP a rédigé un rapport à l’issu des Ateliers du changement, organisés par Frédéric Lefebvre, porte-parole et secrétaire à l’Economie de l’UMP.

Sont abordées les notions de :

 

Bonne gouvernance (noter les agences de notations, faire du FMI le pivot d’une nouvelle régulation financière, harmoniser la fiscalité européenne…)

 

Modernisation économique (small business act, création de pôles d’attractivités outre-mer, réforme de la formation)

 

Relance (financement des PME, mesures en faveur de l’accession à la propriété).

 

 

Ces 37 propositions sont le fruit d’une réflexion collective, avec des participants d’horizons très divers, comme Bernard Maris, Charles Beigbeder, Robert Rochefort, Christian Saint Etienne, Jean-Paul Fitoussi, Olivier Pastré. Mais, in fine, elles sont présentées sous le label de l’UMP. Et c’est tout l’intérêt. Elles ont d’ailleurs été soumises à l’exécutif, à la veille de la convention économique de l’UMP qui se déroulera le 17 décembre.

Exit donc les références au programme présidentiel. Désormais l’UMP dispose d’un nouvel outil de référence. Et d’un réservoir à idées pour insuffler un second souffle au quinquennat.

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